Ecrits de nos membres
Chasseurs,
nous ne vous comprenons pas
Chaque
année, 30 à 40 millions d’animaux sont abattus pour votre plaisir et quelques
dizaines de personnes perdent la vie par faits de chasse.
Et
pourtant la chasse n’est plus une nécessité vitale ou économique. Nous ne comprenons
pas où se situe votre plaisir. Nous sommes convaincus que la majorité d’entre
vous aime la Nature, les promenades en campagne, mais pourquoi éprouvez-vous le
besoin, le plaisir de tuer ? Deux arguments reviennent en priorité lors de nos
discussions : la tradition et la régulation. La tradition est un mot qui
renferme le meilleur et le pire. Sous couvert de tradition, on a durant des
siècles pratiqué l’esclavage, la torture des condamnés, la peine de mort, le
droit de cuissage, jusqu’à ce que la raison l’emporte et refuse toutes ces
horreurs. Tout près de nous, les femmes ne disposaient pas du droit de vote
sous prétexte que l’homme était seul maître en son ménage. L’accepterions-nous
60 ans après ? La tradition est un problème de maturité d’esprit.
Un
jour donc, que nous espérons proche, on décrètera que la chasse est inutile,
cruelle, le fait d’une très petite minorité et surtout une atteinte au respect,
à la souffrance animale. Ce jour n’est hélas pas encore venu, et comme pour
s’excuser, on parle de régulation des espèces. Qui peut croire qu’en tuant 30 à
40 millions d’animaux et en les remplaçant chaque année, par d’autres dizaines
de millions d’animaux d’élevage (voir le site édifiant du Syndicat National des
Producteurs de Gibier de Chasse), la chasse fasse œuvre de régulation ?
Parlant
chasse, nous n’abordons évidemment pas le problème de la chasse à courre,
torture ignoble pratiquée par d’arrogants individus déguisés comme l’étaient
leurs ancêtres aristos, ni le problème du déterrage, autre pratique
inadmissible.
Non,
chasseurs, nous ne vous comprenons pas. Vous aimez la Nature et souvent la
connaissez bien, vous aimez les balades en campagne avec votre chien. Alors
pourquoi le fusil ? Pourquoi tuer ce que l’on prétend aimer? Un animal que vous
tuez, nous ne pouvons plus le photographier, celui que nous photographions,
vous continuerez à l’admirer. La Nature n’est ni à nous ni à vous ; ces animaux
sauvages ne vous appartiennent pas ; un petit plaisir culinaire ne mérite pas
une telle irrespectueuse hécatombe. De nombreuses espèces animales
disparaissent chaque année de notre planète ; les médias n’ont de cesse de nous
en informer. N’enfoncez pas le clou de ce désastre annoncé et échangez dès que
possible votre fusil contre un appareil photo. La France se grandirait aux yeux
du monde en abolissant la chasse. Ce jour-là nous parlerions du véritable
respect de la Nature et pourrions parodier un homme célèbre en vous disant : «
chasseurs, nous vous avons compris » .
Claude P.
Répondre
aux chasseurs
(PETIT CONTRE-ARGUMENTAIRE)
Ce n’est pas avec des discours moralisants, ni même
rationnels, que l’extinction de la chasse adviendra, parce qu’elle se situe dans la transgression légale (autorisation
des armes), génératrice d’un plaisir régressif sans pareil : donner la
mort c’est imaginer la maîtriser, ce qui rassure le vieil enfant mal évolué,
étayant ses insuffisances personnelles, voire sa perversité, avec un fusil.
Il nous faut
cependant pouvoir répondre à ceux qui font valoir leurs arguments pour
continuer le massacre et surtout
convaincre les indifférents de rejoindre le mouvement anti-chasse.
LA CHASSE RÉGULE
LES POPULATIONS ANIMALES QUI N’ONT PLUS DE PREDATEURS NATURELS.
FAUX, sinon pourquoi
introduire des animaux d’élevage, cibles faciles, qui polluent génétiquement
les espèces naturelles (voir les cochongliers).
La
plupart des espèces s’autorégulent et d’autres
facteurs contribuent à diminuer la démographie des animaux : urbanisation
à outrance, pollutions diverses, agriculture intensive, disparition organisée
par les chasseurs des prédateurs naturels classés « nuisibles », etc.…
CETTE REGULATION
EST SELECTIVE et concerne, DANS LA CHASSE À COURRE, les animaux vieux et/ou
malades.
FAUX, c’est un vœu pieux
qui n’est jamais respecté.
Pour
avoir suivi de nombreuses chasses, nous savons qu’on courre ce qu’on rencontre,
sans possibilité réelle de choix ; les valets de pied qui « font le
bois » de bonne heure se contentent de repérer dans quelle parcelle se
trouve le « gibier ».
On
met ensuite la forêt « à cor et à cris » en dispersant les familles
de grands animaux et les autres espèces ; dans cette pagaille bruyante on
finit par capturer un animal en le tuant de manière cruelle.
Une
véritable régulation des grands animaux, si elle est réellement nécessaire,
devrait être réalisée par la réintroduction des prédateurs naturels (mais problèmes possibles avec
les humains) ; à défaut, on pourrait lui
substituer des battues administratives, confiées à des professionnels mandatés, qui savent ce qu’ils tirent, car équipés
de fusils à lunette amenant une mort instantanée et sans souffrance à l’animal
choisi.
D’autres
moyens, respectueux de la vie, seront toujours privilégiés comme la
contraception orale, déjà utilisée et le déplacement des animaux vers des
territoires où ils manquent.
LA CHASSE EST
UNE TRADITION ET, COMME TELLE, MERITE LE RESPECT
C’est en effet
une tradition, mais toutes ne sont pas
bonnes à pérenniser : voir la roue, le pal et la guillotine…
Le
maintien d’une tradition doit répondre, démocratie oblige, au vœu du plus grand
nombre et non à celui d’un lobby surreprésenté dans toutes les instances officielles,
l’Assemblée Nationale, par exemple.
En
France, une grande majorité des gens interrogés désapprouvent la chasse qui est
pratiquée par une infime minorité de la
population.
Elle
est un exemple - comme la corrida- détestable pour la jeunesse par la
violence qu’elle génère et les passe-droits qu’elle affiche lorsque les
braconnages de masse sont tolérés par les autorités chargées naturellement de
les réprimer (voir les tirs illégaux sur les oiseaux migrateurs).
Comment
expliquer à un jeune qu’on ne peut avoir sur soi un couteau de poche alors que
d’autres portent fusils et tenues de camouflage ?
Les
conflits domestiques sanglants utilisent le plus souvent une arme de chasse.
« LA CHASSE, C’EST NATUREL »
On
peut seulement dire que c’est une activité aussi ancienne que l’homme, la
nécessité alimentaire l’ayant rendue longtemps incontournable. Actuellement, il
s’agit seulement du plaisir de tuer,
sans lien avec une utilité vitale.
Sont
« naturels » aussi : la ciguë, l’assassinat, les champignons
vénéneux, le viol, le tabac et autres drogues, etc. C’est donc un slogan et
« naturel » n’est qu’un mot mal employé ici.
LA CHASSE EST UNE ACTIVITÉ CONTRIBUANT AU LIEN SOCIAL,
PARTICULIEREMENT EN MILIEU RURAL.
Peut-être, mais il
y en a d’autres,
nombreuses, bien que moins machistes et sanglantes et ne s’exerçant pas à
l’encontre d’êtres sensibles, qui tiennent autant à leur vie que nous à la
nôtre : la pétanque, la chorale, la marche à pied, l’observation de la nature,
la photographie animalière, la restauration et l’entretien du paysage, liste
non limitative…
On
économisera ainsi trente à quarante morts par an dans l’hexagone et deux cents
blessés.
Pas
besoin d’un fusil pour vivre agréablement ensemble.
LA CHASSE GENERE
DES ACTIVITÉS COMMERCIALES CONTRIBUANT AU P.I.B ET AU MAINTIEN DE L’EMPLOI.
Peut-être, mais c’est cependant marginal dans
l’économie officielle du pays.
Elle
coûte aussi au contribuable sous forme de subventions, taxes parafiscales, etc.
Elle
est à l’origine d’une économie
souterraine considérable, non
fiscalisée, officiellement et volontairement ignorée, résultant de la
location de gabions, de la vente hors circuit légaux du gibier, de
l’indemnisation souvent abusive des « dégâts » agricoles.
Elle
pourrait être remplacée par le développement d’activités douces et pacifiques
ouvertes à tous (voir ci-dessus).
L’économie,
enfin, ne peut l’emporter sur un choix éthique, sinon on n’aurait pas supprimé les jeux du
cirque qui remplissaient les arènes.
NUL N’ÉVOQUE –
mais il n’est pas interdit d’en parler - les dégâts collatéraux générés
par un groupe de plus d’un million de personnes armées dans la population
française, ayant le droit de tirer dans les lieux publics que sont les bois et
les champs.
Nul
n’évoque l’absence de contrôle médical auquel les autres activités
potentiellement dangereuses sont soumises (conducteurs de poids lourds, pilotes
d’avion même légers, etc.…). Sachez que la
possession du permis de chasse vaut validation d’aptitude médicale.
Nul
n’évoque l’éthylisme fréquent des porteurs de fusils et son absence institutionnelle de contrôle et
de répression, à comparer avec la surveillance dont sont l’objet les
automobilistes.
HOIYESA (avec l’amicale collaboration des
membres du RAC)