Questions à propos de la lutte contre la chasse
Que vous soyez chasseur ou non-chasseur,
voici les réponses à quelques questions que vous pourriez vous poser à propos
de la lutte antichasse.
-Pourquoi
lutter contre la chasse ? Que reprochez-vous à cette pratique ?
La chasse est une activité très
ancienne, elle fut longtemps une nécessité alimentaire. Mais actuellement en
France, elle est devenue un loisir. Or une distraction consistant à tuer les
animaux est inadmissible. « L’enjeu d’une ‘partie de chasse’ réside dans des
chairs déchirées par les plombs, dans des os broyés par les balles, dans des
organes perforés, dans la fin d’une vie. La démarche est intentionnellement
agressive, négatrice du caractère sensible de l’animal ». Cette incompatibilité
avec l’éthique est accentuée avec la présence de modes de chasse très cruels,
tels que la chasse à courre, le déterrage ou le piégeage.
La chasse constitue également un
préjudice écologique important. Les chasseurs français ont entrainé la
disparition de plusieurs espèces (certaines sont revenues naturellement (en
traversant les frontières) ou ont fait l’objet de réintroduction) et ils
continuent à menacer l’avenir de certaines espèces (belette, putois, tétras,
etc.). La France est le pays d’Europe ayant le plus grand nombre de chasseurs,
les plus grandes périodes de chasse et la plus longue liste d’espèces
chassables. Ainsi, des oiseaux migrateurs dont les populations sont en
régression se font tuer en traversant la France alors qu’ils sont protégés dans
les autres pays. Les efforts de sauvegarde de la faune réalisés par les
associations de protection de la nature sont bien souvent annulés par les
chasseurs. En effet, il n’est guère possible de protéger efficacement une
espèce lorsque n’importe qui peut lui tirer dessus. Les espèces protégées sont
aussi victimes de la gène occasionnée par la chasse.
Enfin, la chasse pose un problème
d’insécurité. Durant plus de la moitié de l’année, à peine 2% de la population
s’accapare les espaces naturels, empêche les utilisateurs pacifiques de profiter
pleinement de la nature voire d’accéder à certaines zones, et instaure un
climat d’insécurité. C’est le seul loisir qui tue et blesse chaque année des
personnes ni pratiquantes ni spectatrices.
Les trois raisons ci-dessus sont
développées et détaillées dans notre diaporama sur la chasse, téléchargeable ici.
-Les
chasseurs prétendent jouer une fonction de régulation de la faune pour
maintenir les équilibres. Ils se disent
gestionnaires de la faune. Pourquoi donc vouloir interdire la chasse ?
Que proposez-vous pour les remplacer ?
Sans doute par manque de courage moral
pour assumer leur passion, les chasseurs essayent de faire passer leur loisir
pour un impératif de service public. N’iraient-ils donc pas chasser pour le
plaisir, mais pour une « corvée de régulation » ?
Chaque année, des millions d’animaux
(faisans, lièvres, lapins, perdrix, etc.) sont élevés et relâchés par les
chasseurs dans la nature, parfois le matin même de la partie de chasse. Ceci
dans l’unique but d’avoir suffisamment de cibles vivantes. Selon les chiffres
du Syndicat National des Producteurs de Gibier de Chasse, plus de vingt
millions d’animaux sont annuellement élevés, auxquels il faut rajouter les
importations des pays de l’Est. Comment osent-ils parler de régulation ?
Il faut également savoir que les
prédateurs, qui eux ont pour rôle de réguler, sont systématiquement détruits
par les chasseurs. Ceux chassables (renard, martre, fouine, belette, putois)
sont classés « nuisibles » et sont ainsi tués toute l’année. Quant aux autres
(ours, loup, lynx), les chasseurs font pression et obtiennent chaque année des
autorisations de tir (alors que les populations sont très faibles) ou ils les
éliminent illégalement.
La chasse s’entretient elle-même. Tuer
les prédateurs, lâcher des millions d’animaux, pour ensuite avoir l’hypocrisie
de se prétendre des sauveurs, des régulateurs indispensables.
Aussi, il est malhonnête que les
chasseurs tentent de justifier l’ensemble de la chasse avec cet argument, car
il ne concerne que 2 ou 3 espèces, parmi les 91 chassables ! La plupart des
espèces chassables ont au contraire des effectifs en diminution. Ils jugent les
prédateurs (renards, etc.) trop nombreux car ils les considèrent comme des
concurrents à éliminer. Au sujet du sanglier, saviez-vous que les chasseurs les
agrainent ? Ils mettent à leur disposition chaque année des tonnes de maïs (et
parfois des pommes). Les laies ainsi bien nourries se reproduisent beaucoup
plus. Il faut également savoir qu’ils ont introduit dans la nature des cochongliers,
un croisement produisant un animal très prolifique, et régulièrement des
chasseurs sont condamnés pour élevage/lâchers illégaux de sangliers. Les
chasseurs, des « sauveurs des agriculteurs » ? Interdisons l’agrainage et
clôturons les champs où les sangliers se nourrissent, c’est la seule solution
raisonnable et efficace pour que la population de cet animal s’autorégule.
Quant à leur soi-disant « gestion de la
faune », elle est inadmissible : chasser des espèces menacées, éliminer
systématiquement les prédateurs, lâcher des millions d’animaux, etc., est-ce
donc ça leur gestion ? Gérer la faune correspondrait-il à tuer les animaux ?
Comme le prouvent les Parcs Nationaux où
la chasse est interdite, la faune se régule naturellement depuis des milliers
d’années. Les prédateurs régulent les populations de leur proies, et
inversement. En effet, les prédateurs ne sont jamais trop nombreux, sinon ils
seraient contraints à mourir de faim du fait d’une insuffisance de proies. Nul
besoin d’hommes armés dans nos campagnes.
Confions la gestion de la faune et des
espaces naturels à des fonctionnaires responsables.
-Ces
dernières années, les chasseurs semblent mener plusieurs actions en faveur de
l’environnement. La nature ne serait-elle pas gagnante si vous choisissez de travailler
ensemble, plutôt que de vouloir leur disparition ?
Il est vrai que ces dernières années,
afin de se donner bonne conscience et de tenter d’améliorer leur image, les
chasseurs ont réalisé diverses actions en faveur de l’environnement. Mais ne nous
leurrons pas : créer un point d’eau ou planter une haie, ce n’est pas de la
chasse. La plupart des associations de protection de la nature proposent ce
genre d’action, nul besoin d’avoir un fusil ou un piège. La chasse est au
contraire un désastre écologique (voir notre diaporama sur la chasse), la
faune serait surtout gagnante avec la disparition de ce loisir.
Vous dites « travailler ensemble », mais
la chasse est un loisir, un plaisir. Ils chassent donc par jeu, et non par
travail. De ce fait, il nous est impossible de travailler avec eux, et nous
n’allons absolument pas nous amuser à tuer les animaux avec eux ! Nos actions
sont opposées, nous travaillons pour protéger la faune, ils se distraient à la
détruire. De ce fait, aucune action de protection de la nature en commun n’est
réalisable, à moins qu’ils clouent définitivement leurs fusils pour se joindre à nous.
-La
chasse génère une économie. Interdire la chasse augmenterait donc le chômage ?
L’économie générée par la chasse est
vraiment très marginale dans celle de notre pays. Elle est surtout à l’origine
d’une économie non fiscalisée, souterraine et ignorée (locations non déclarées des gabions
et des terrains de chasse, vente illégale du "gibier", etc.).
Des gîtes de randonnées ne fonctionnent pas en période de
chasse, les chasseurs faisant fuir les visiteurs. Il serait simple pour les
personnes ayant un emploi lié à la chasse de se reconvertir dans le tourisme
basé sur l'observation respectueuse de la faune, qui générerait d’ailleurs une
économie bien plus importante. Enfin, l'économie ne peut justifier un loisir
éthiquement condamnable, écologiquement désastreux et dangereux.
-De
nombreuses traditions disparaissent, beaucoup sont menacées par
l’uniformisation des modes de vie. Ne faudrait-il donc pas essayer de
maintenir, et respecter, cette tradition ?
Quelques formes de chasse sont en effet
des traditions, bien que beaucoup de modes de chasse soient en fait très
récents et que les chasseurs utilisent maintenant des portables, des fusils
perfectionnés et des 4x4. Cependant, toute tradition n’est pas bonne à garder,
et n’est pas immortelle. Nous avons heureusement supprimé l’esclavage, diverses
tortures, la peine de mort, etc. La tradition est en réalité un problème de
maturité d’esprit, elle empêche toute remise en cause : « d’autres l’ont fait
avant moi, donc je le fais aussi ». Il faut au contraire savoir évoluer et
supprimer les traditions cruelles, irrespectueuses de la vie ou néfastes pour
la nature, telle que la chasse.
-Vous
indiquez être contre toute forme de chasse en France, votre objectif final
étant l’abolition de la chasse. N’est-ce pas un peu utopique ?
Nous sommes contre toute forme de chasse
en France, pour les raisons expliquées précédemment. De même qu'il aurait été
aberrant de se limiter à instaurer des dimanches sans esclavage, à augmenter la
longueur des chaînes des esclaves ou à réduire leur nombre, nous ne luttons pas
contre les abus de la chasse mais contre le principe même de la chasse. Il ne
faut pas réformer ou mieux réglementer l'inadmissible, mais l'abolir.
Cependant, les artichauts se mangent feuille à feuille, nous sommes donc
favorables à toute avancée si petite soit-elle.
Tous les grands combats d’idées
(esclavage et racisme, droits des femmes, etc.) ont au début été ridiculisés ou
jugés irréalisables. Ils paraissent maintenant évidents. Comme eux, il faudra
du temps mais dans quelques décennies il semblera incroyable que 2% de notre
population ait eu le droit de mort sur la faune par simple loisir, par plaisir
de tuer les animaux.
Nous voulons faire avancer l’idée de
l’abolition de la chasse. Une idée qui s’annonce d’ailleurs très prometteuse
avec les impératifs écologiques qui deviennent incontournables, l’ampleur de la
notion du respect de l’animal, et surtout, par le fait qu’elle est déjà
approuvée par une grande partie des français.
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