Signaler une infraction
Les
types d’infractions pouvant être commises par les chasseurs sont nombreux et
variés. Pour simplifier on peut les
regrouper en plusieurs familles :
-les infractions concernant le lieu de
chasse (réserve, proximité d’habitations…),
-celles
concernant les espèces chassées (espèces protégées, plan de chasse…),
-celles relatives au temps de chasse (chasse
de nuit, recherche de gibier avec source lumineuse…),
-celles qui s’intéressent aux moyens
employés (type d’armes, interdiction de chasse à partir d’un véhicule, moyens
prohibés…)
-celles qui visent le permis de chasser
(chasse sans permis, non présentation immédiate du permis de chasser…
Souvent les non
chasseurs constatent des infractions et sont outrés par le comportement des
chasseurs mais ne savent pas comment agir pour faire cesser l’infraction et
faire poursuivre l’auteur.
Deux cas de
figure se présentent :
- le témoin est une victime potentielle
immédiate du chasseur. La notion de danger immédiat pour les personnes est avéré. Le cas le plus fréquent est celui des tirs à
proximité d’habitations. Il n’y a normalement là pas de difficulté pour obtenir
l’arrêt de l’infraction. Un appel à la brigade de gendarmerie locale
déclenchera aussitôt le déplacement d’une patrouille sur les lieux. Pour être
certain de ce déplacement rapide il ne faut pas hésiter à insister sur le
caractère dangereux et actuel des tirs, quitte à en « rajouter » un peu (tirs
continus et toujours en cours, auteurs toujours présents sur place…). Si
possible éviter de prononcer le mot « chasseur » et déclarer ignorer l’origine
des coups de feu.
- les infractions constatées ne mettent
pas directement en péril des vies humaines (chasse d’une espèce protégée,
chasse dans une réserve, pièges illégaux…). Devant ce type d’infraction il peut
arriver que les services de police ou de gendarmerie refusent de se déplacer ou
d’enregistrer une plainte venant d’un particulier. Dans cette hypothèse il est
conseillé d’aviser immédiatement la SPA locale qui a tout pouvoir pour déposer
aussitôt une plainte et exiger le déclenchement d’une enquête. A noter
également que lorsque l’on constate une infraction à la chasse il est
particulièrement recommandé de relever les immatriculations des voitures se
trouvant dans le secteur, de noter minutieusement le signalement des chasseurs
présents sur les lieux ou à proximité et enfin de prendre si possible des
photographies. Dès que la plainte est enregistrée le témoin sera cité par la
SPA pour être entendu dans le cadre de l’enquête. Tous les éléments en sa
possession seront alors utiles aux investigations.
A ce stade il est utile de s’arrêter sur
une infraction qui est fréquemment constatée (ou suspectée) par les habitants
des zones rurales à savoir la chasse en temps de nuit. Il n’est en effet pas
rare pour ces résidants d’entendre des coups de feu ou de voir des véhicules
roder la nuit dans des chemins isolés avec des phares balayant les terrains.
Face à ces actes une seule solution s’impose, l’appel à la brigade de
gendarmerie. Hors, la nuit, il est vraisemblable que l’on n’obtienne pas le
déplacement d’une patrouille pour rechercher une « simple » infraction à la
chasse. Il est parfois préférable, dans le cas de tirs de nuit, d’annoncer à
l’opérateur téléphonique la présence de
tirs d’armes à feu dans tel secteur sans prononcer le mot chasseur et en
laissant planer un doute sur le fait qu’il s’agisse d’un braconnier ou d’un
règlement de comptes. De même dans le cas de chasseurs faisant de la recherche
de gibier en véhicule où à l’aide de sources lumineuses il est préférable de
signaler ces mouvements suspects comme pouvant être également des cambrioleurs
à la recherche de résidences secondaires.
En matière de compétence pour tout ce
qui touche à la chasse il faut savoir que si les fonctionnaires de l’office
national de la chasse et de la faune sauvage sont logiquement les personnels
les plus impliqués dans la recherche des infractions, leur effectif très réduit
fait qu’il n’y a que très peu de chances de voir aboutir dans un délai
raisonnable une demande d’intervention de leur part. Par contre les gendarmes
ont (au minimum) les mêmes attributions qu’eux avec l’avantage d’un maillage
territorial important qui garantit la possibilité d’une intervention quasi
immédiate sur le lieu de commission d’une infraction, de jour comme de nuit.
Enfin pour clore le chapitre il faut
aussi savoir qu’outre les infractions propres à la chasse, les chasseurs
commettent souvent d’autres infractions à l’environnement, notamment des
infractions à la circulation des véhicules à moteurs dans les espaces naturels
(utilisation de 4X4 sur des chemins interdits…). Ces infractions sont aussi de
la compétence des gendarmes qui peuvent intervenir pour verbaliser les
contrevenants.