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La faune sauvage : les petits prédateurs

 

Qui sont les petits prédateurs ? Quel est leur statut ?

On qualifie de « petits prédateurs » les carnivores de petite taille, par opposition aux grands prédateurs (ours, loup, lynx).

Il s’agit principalement du renard, de la fouine, du putois, de la martre et de la belette.

 

Ces 5 animaux sont tous inscrits sur la liste des espèces « nuisibles » !

 

Ils sont donc piégés et détruits toute l’année, ce qui est inadmissible. La belette et le putois ont des effectifs en chute libre. Les chasseurs/piégeurs sont en train d'exterminer les derniers individus !

 

 

 

Renard et fouine, 2 carnivores très utiles, mais classés "nuisibles" par les chasseurs...

 

 

Chasser les prédateurs et pire, les classer « nuisibles », une aberration !

La politique actuelle en matière de chasse visant à classer « nuisible » et détruire systématiquement les petits prédateurs est la négation de leur rôle primordial dans les écosystèmes. Tous les scientifiques sont d’accord sur le fait que l’action des prédateurs naturels est nécessaire et irremplaçable au sein des équilibres écologiques :

« La prédation joue un rôle important dans la composition, la structure et la dynamique des écosystèmes, et on considère qu’un milieu naturel équilibré comprend à la fois de nombreuses espèces proies et de nombreuses espèces prédatrices »  B. Brosset, directeur de recherche au CNRS.

 

Les prédateurs ont un effet très bénéfique sur les autres espèces parce qu’ils s’attaquent en priorité aux animaux faibles (malades, blessés, déficients) ce qui permet de conserver la qualité de ces espèces (contrairement aux chasseurs qui tirent sur ce qu’ils trouvent ou qui recherchent le plus beau trophée). En effet, « en éliminant les animaux malades, les prédateurs assainissent les populations de leurs proies et empêchent ainsi les épidémies de se propager ».

« Les prédateurs jouent un rôle important en termes de sélection naturelle. Leur régression ou disparition peut avoir des impacts écologiques, sanitaires et jusque sur le paysage, qui change quand les effectifs d'herbivores augmentent »

 

Il faut aussi savoir que ces animaux sont très utiles pour les agriculteurs en détruisant de nombreux rongeurs. Ainsi, les éliminer pourrait poser des problèmes aux activités humaines !

 

« On connaît le régime alimentaire de ces petits mustélidés. Il comporte 60 à 80 % de petits rongeurs, redoutés des agriculteurs pour les dégâts qu’ils commettent aux cultures et aux herbages. ».

J-P. Raffin, Laboratoire d’écologie, et J-C. Lefeuvre, Laboratoire d’évolution des systèmes naturels.

 

D’autre part, les prédateurs n’ont pas à être régulés. Les scientifiques ont prouvé que ces animaux sont munis de mécanismes d’autorégulations, tels que la diminution du nombre de femelles gestantes et la diminution du nombre de petits par portée. C’est le nombre de proies qui détermine le nombre de prédateurs. En effet, les prédateurs ne sont jamais trop nombreux, sinon il y aurait une insuffisance de proies et ils seraient donc contraints de mourir de faim !

 

 

Ainsi, il est aberrant que les chasseurs s’obstinent à beaucoup chasser les petits prédateurs. Ces animaux ont en effet un rôle très important pour les équilibres écologiques. De plus, ils s’autorégulent naturellement afin d’adapter leur population à la quantité de proies. Leur élimination est aussi néfaste pour l’Homme, ces animaux étant par exemple très utiles pour l’agriculture et nécessaires pour éviter la propagation de maladies.

Mais le comble est que, très souvent, les chasseurs justifient leur passion en expliquant qu’ils complètent l’action des prédateurs, car celle-ci serait devenue insuffisante et pourrait ainsi provoquer la prolifération des autres espèces qu'ils se « chargent de réguler » ! Quelle hypocrisie !

 

 

Pourquoi les chasseurs les détruisent-ils systématiquement ?

Pour justifier la persécution des petits prédateurs, les chasseurs expliquent qu’ils sont responsables de dégâts ou autres nuisances.

 

Voici les principaux reproches « officiels » des chasseurs :

 

-De commettre des dégâts aux cultures

 

En se nourrissant de plusieurs milliers de petits rongeurs par an, les prédateurs sont au contraire les alliés des agriculteurs et protègent les cultures.

 

-De manger des volailles

 

Cet argument est vraiment grotesque, car il n’est pas difficile de vérifier le bon état du grillage de ses poulaillers afin de s’assurer qu’aucun prédateur ne pourra entrer, mais aussi démodé car les poulaillers à la campagne se font de plus en plus rares !

 

-D’avoir des impacts négatifs sur la faune sauvage

 

Au contraire, comme nous l’avons vu précédemment, la présence des prédateurs est indispensable pour les équilibres de l’écosystème. Elle est ainsi bénéfique pour les autres espèces puisque les prédateurs naturels pratiquent une selection en éliminant les animaux faibles et malades.

 

-De transmettre la rage

 

Certainement pas, il est reconnu officiellement depuis 2001 que la rage vulpine n’existe plus en France !

 

-De proliférer

 

Les prédateurs ne peuvent pas proliférer, ils s’autorégulent naturellement. Le nombre de proies détermine le nombre de prédateurs, car s’ils étaient trop nombreux, il y aurait une insuffisance de proies et ils seraient donc contraints à mourir de faim !

 

Et voici la vraie raison :

 

« Le renard est un prédateur, donc c'est un carnassier, il faut qu'il mange. Il va prendre les nichées de perdreaux. Vis-à-vis du chasseur, c'est un nuisible. Oui, tout ce qu'il prend, le chasseur ne l'a plus. C'est ça qu'est le problème. »  Chasseur, dans le film Classé nuisible.

 

« Le renard, […] concurrent dans ses prélèvements sur la population "gibier mangeable". »  Vu dans un site de chasseurs connu.

 

« Pour le chasseur, le renard est un destructeur de gibier et de volaille, donc un ennemi que l'on cherche à anéantir par tous les moyens. »  Sur chassepassion.net

 

Ainsi, les chasseurs détruisent systématiquement les prédateurs car ils n'arrivent pas à admettre que ces animaux aient « l'audace » de manger de temps à autre un lapin ou une perdrix.

 

Pourtant, c’est le rôle des prédateurs naturels, et certains chasseurs l’ont compris :

 

« C’est une utopie de croire que les populations de perdrix redeviendront abondantes en faisant disparaître les prédateurs. Les prédateurs prélèvent ce qu’ils doivent prélever, jouant ainsi leur rôle. Le pire des fléaux est l’appauvrissement du milieu. »  Revue ‘Connaissance de la chasse’

 

 

En réalité, les chasseurs ont une haine envers les prédateurs car ils les considèrent comme des concurrents. Ils veulent à tout prix les exterminer, car ils n’admettent pas que ces animaux « osent » manger une infime partie de « leur » gibier !

De plus, on comprend facilement pourquoi ils ont tout intérêt à limiter les prédateurs : si ces derniers étaient présents en quantité normale, ils se chargeraient de réguler leurs proies (comme l’impose leur rôle) et les équilibres seraient rétablis, il n’y aurait plus besoin de chasseurs ! C’est le cas des Parcs Nationaux où, les prédateurs pouvant vivre librement, les équilibres naturels fonctionnent à merveille et ne nécessitent donc pas l’intervention de l’Homme, et encore moins du chasseur !

La chasse s’entretient elle-même… Tuer les prédateurs, pour ensuite tuer leurs proies qu’on accuse de proliférer !

 

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