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Pratiques aberrantes : le statut "nuisible"

 

La liste des espèces classées « nuisibles »

Elle comporte les animaux suivants :

 

-Mammifères : Renard, Martre, Fouine, Belette, Lapin de garenne, Chien viverrin, Putois, Ragondin, Rat musqué, Raton laveur, Vison d'Amérique, Sanglier.

 

-Oiseaux : Corbeau freux, Corneille noire, Étourneau sansonnet, Geai des chênes, Pie bavarde, Pigeon ramier.

 

Chaque préfet détermine, après avis de la fédération des chasseurs (!), la liste des espèces qu’il classe « nuisibles » pour son département. En général, la majorité des espèces y sont inscrites…

Le statut de « nuisible » offre aux chasseurs le droit de détruire ces espèces toute l’année, donc même pendant les périodes de reproduction et nourrissage des jeunes, et avec des pratiques souvent cruelles, ce qui est inadmissible !

 

Ces espèces sont souvent détruites par piégeage ou par déterrage.

 

 

Le statut de « nuisible », une aberration scientifique

Il y aurait beaucoup à dire sur cette notion obsolète et sans fondement scientifique. Tout d'abord, toutes les espèces possèdent une place et un rôle, aucune n'est nuisible. En effet, la notion de nuisibles n'a aucun sens dans la nature car, toutes les espèces, en particulier les prédateurs, participent à l'équilibre des écosystèmes.

 

Certains chasseurs le reconnaissent (Revue nationale de la chasse) :

« Le terme nuisible doit être retiré du langage cynégétique car, derrière cette terminologie se profile les pires excès. »

 

D’autre part, beaucoup de ces animaux classés « nuisibles » sont en réalité très utiles !

 

Par exemple, le geai des chênes est très bénéfique pour les forêts.

La fouine est un animal mal considéré, à tort car elle fait partie des rares prédateurs osant s’attaquer aux rats et surmulots. Elle a donc un effet bénéfique sur la santé de la population.

Au Pays-bas, la loi sur la chasse de 1998 a retiré le renard de la liste des espèces chassables dans ce pays.

En Pologne, la chasse du sanglier est interdite dans certaines forêts : des études menées dans ce pays ont démontré que de fortes populations de sangliers étaient bénéfiques pour les forêts.

 

Comme quoi, les espèces que nos chasseurs jugent « nuisibles » et détruisent systématiquement peuvent être reconnues comme très utiles dans d’autres pays, alors que les conditions des milieux sont similaires !

 

Ainsi, la majorité des espèces classées nuisibles en France sont en vérité très utiles. De plus, en réalité aucune espèce (non introduite) n’est nuisible, chacune ayant un rôle à jouer pour participer à l'équilibre des écosystèmes.

 

Les seules espèces pouvant éventuellement être déclarées nuisibles sont celles ayant été… introduites par l’Homme. Cependant, cela ne justifie en rien le fait d’appliquer des pratiques cruelles envers elles tout au long de l’année, alors qu’il existe des solutions éthiquement acceptables (par exemple la stérilisation des œufs, etc.). Le minimum serait en effet de corriger notre erreur autrement qu'avec un piège ou un fusil !

 

Le statut de « nuisible » doit donc disparaître définitivement, où alors être réservé aux animaux introduits posant de réels problèmes.

S’il s’avérait que des individus d’une espèce posent de véritables problèmes écologiques, économiques ou sanitaires, et qu’aucune autre solution que de les détruire n’existe, alors cela devrait être effectué avec un minimum de souffrance pour l’animal et pendant de courtes périodes choisies intelligemment.

 

 

Pourquoi sont-ils classés « nuisibles » ?

Pour justifier le classement des espèces nuisibles, les chasseurs expliquent notamment que ces animaux sont responsables de dégâts et qu’il faut donc limiter leur population.

 

Les prédateurs sont accusés de manger des volailles. Cet argument est vraiment grotesque, car il n’est pas difficile de vérifier le bon état du grillage de ses poulaillers afin de s’assurer qu’aucun prédateur ne pourra entrer, mais aussi démodé car les poulaillers à la campagne se font de plus en plus rares !

La véritable raison du classement nuisible des prédateurs est que ces animaux ont « l’audace » de manger une minuscule partie « du gibier des chasseurs », ce qui déplait très fortement à ces derniers qui se croient ainsi concurrencés. (Voir la fin de cette page)

 

Le lapin est accusé de faire des dégâts aux cultures. On pourra alors, une fois de plus, constater l’impressionnante hypocrisie et l’absurdité du monde de la chasse : chaque année, plus de 10 000 lapins sont élevés pour la chasse. A cela s'ajoutent les nombreux lapins importés (pays de l'Est) et également lâchés dans la nature par les chasseurs dans l'unique but d'avoir plus de cibles à tirer. Ainsi, ce sont les chasseurs qui créent volontairement de soi-disant surpopulations de lapins, pour ensuite avoir tout le loisir de les tuer, tout en se faisant passer pour de braves régulateurs généreux et indispensables pour la protection des cultures !

 

C’est cette même logique que les chasseurs utilisent également pour le sanglier. Les chasseurs agrainent les sangliers : ils mettent annuellement à leur disposition des tonnes de maïs et parfois des pommes. Les laies, ainsi bien nourries, se reproduisent beaucoup plus. Le nombre de portées par an est donc augmenté, et celui des petits par portée est lui aussi plus élevé ! De plus, cela rend les sangliers "accros" au maïs et ils vont ensuite se nourrir directement dans les champs ! Les chasseurs créent ainsi de soi-disant surpopulations de sangliers, et le comble est, comme précédemment, qu'ils ont ensuite tout le beau jeu de se faire passer pour d'indispensables « sauveur des agriculteurs » !

 

Ainsi, ce sont les chasseurs qui augmentent volontairement les populations des espèces pouvant nuire à l’agriculture, pour ensuite pouvoir les chasser à volonté, tout en se faisant passer pour des « régulateurs » indispensables pour la protection des cultures ! Pour les autres types de dégâts (poulaillers, etc.), ils sont en réalité très minimes et facilement évitables (grillage ou clôture en bon état, moyens d’effarouchement simples, dépôt de répulsif efficace et peu onéreux, etc.).

 

 

 

Des prédateurs classés « nuisibles », une aberration !

La liste des espèces nuisibles contient la plupart des petits prédateurs (renard, martre, fouine, putois, belette, vision, etc.).

D’un point de vue scientifique, ces carnivores « nuisibles » sont très bénéfiques pour l’environnement, car ils s’attaquent en priorité aux animaux faibles (ceux qui sont malades, déficients…) permettant donc de maintenir la qualité des autres espèces. De plus, ils détruisent énormément de petits rongeurs, protégeant ainsi les cultures. Les exterminer reviendrait donc à s’exposer à un risque de surpopulation des petits rongeurs (donc à de nombreux dégâts), ainsi qu’à un bouleversement des équilibres naturels.

 

Mais alors, pourquoi ces prédateurs sont-ils classés nuisibles ?

 

Donnons la parole aux chasseurs :

 

« Le renard est un prédateur, donc c'est un carnassier, il faut qu'il mange. Il va prendre les nichées de perdreaux. Vis-à-vis du chasseur, c'est un nuisible. Ba oui, tout ce qu'il prend, le chasseur ne l'a plus. C'est ça qu'est le problème. »  Chasseur, dans le film Classé nuisible.

 

« Le renard, […] concurrent dans ses prélèvements sur la population "gibier mangeable". »  Vu dans un site de chasseurs connu.

 

« Pour le chasseur, le renard est un destructeur de gibier et de volaille, donc un ennemi que l'on cherche à anéantir par tous les moyens. »  Sur chassepassion.net

 

Les chasseurs considèrent tout simplement les prédateurs comme des concurrents. Ils veulent à tout prix les exterminer car ils n’admettent pas que ces animaux « osent » manger une infime partie de « leur » gibier ! Ainsi, les chasseurs détruisent ces prédateurs sauvages pour protéger leur gibier souvent élevé et lâché (qu’ils tueront également…) !

Et beaucoup ont en plus l’hypocrisie de vouloir nous faire croire qu’ils ne chassent que pour compléter l’action régulatrice des prédateurs lorsqu’elle n’est pas suffisante !

 

Pourtant, c’est le rôle des prédateurs naturels, et certains chasseurs l’ont compris depuis longtemps :

 

« C’est une utopie de croire que les populations de perdrix redeviendront abondantes en faisant disparaître les prédateurs. Les prédateurs prélèvent ce qu’ils doivent prélever, jouant ainsi leur rôle. Le pire des fléaux est l’appauvrissement du milieu. »  Revue ‘Connaissance de la chasse

 

En effet, leur prédation est très faible (le renard se nourrit surtout de mulots, de campagnols, de souris, de grenouilles, d'insectes, etc.) mais aussi parfaitement naturelle et nécessaire.
Cet argument de concurrence est vraiment grotesque, car ces "nuisibles" s'attaquent principalement aux animaux d'élevage - qui n'ont aucune idée de ce qu'est un prédateur - que les chasseurs ont eux-mêmes relâchés dans la nature !

 

Ainsi, la prédation exercée par ces carnivores est en réalité très limitée, naturelle et nécessaire ! Ce qui n’est pas vraiment le cas de celle des chasseurs…
Aucun prédateur naturel ne devrait figurer dans la liste des prétendus "nuisibles".

 

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