Le braconnage toléré par l’Etat
Il ne s’agit pas d’un mode de chasse,
mais plutôt d’un « prolongement » de la chasse (temps prohibé, arme interdite,
espèces protégées, etc.). Les actes de braconnage ont lieu partout en France.
Les gardes de l’ONCFS ont pour mission de lutter contre ces agissements.
Par exemple, dans le sud de la France, des
milliers de rouges-gorges et autres petits passereaux sont tués chaque année, alors qu’il
s’agit d’espèces protégées.
Mais
il existe aussi une autre forme de braconnage : un braconnage dont l’Etat est
complice,
c’est-à-dire des lieux où un braconnage de masse se produit annuellement et ce
en toute impunité ! La pression des chasseurs est si élevée que l’Etat ne fait
pas respecter les lois concernant les espèces protégées, les périodes d’ouverture
de chasse, et même les directives européennes concernant les espèces en déclin
!
Voici 3 exemples :
Le braconnage du bruant ortolan dans les
Landes
Chaque année, de mi-août à fin
septembre, dans le département des Landes, 30 000 à 80 000 bruants ortolans
sont tués. Alors qu’il s’agit d’une espèce en grave déclin qui est inscrite
parmi les espèces protégées, ce braconnage s’effectue avec la complicité de
l’Etat français : les forces de police et de gendarmerie sont priées par les
préfets de ne pas intervenir, et les gardes de l’ONCFS ont pour ordre de ne pas
verbaliser ces chasseurs.
-Un braconnage toléré :
Le braconnage du bruant ortolan
s’effectue en toute impunité et avec l'aval des autorités chargées d'appliquer
la loi et la réglementation.
En 2004, l’ONCFS a repéré 812
installations de capture de bruants ortolans. Au lieu de verbaliser toutes ces
installations illégales, comme la loi l’oblige, l’ONCFS n’en a verbalisé que
40, soit 4,9 % !
-Plus d’informations :
http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/vie-1/d/braconnage-du-bruant-ortolan_9604/
http://www.lpo.fr/comm/2006/doc/CPLPOortolans.pdf
Le braconnage des pigeons ramiers au col de
l’Escrinet
Le col de l’Escrinet (Ardèche) est un
col majeur pour les migrations de printemps des oiseaux en Europe. Mais au mois
de mars, c’est-à-dire lorsque les oiseaux commencent leur période de
reproduction, des braconniers tuent des milliers d’oiseaux migrateurs,
notamment des pigeons ramiers. Ces actes sont produits annuellement, et en
toute impunité car les gardes de l’ONCFS n’interviennent presque pas, et les
préfectures vont même jusqu'à créer des arrêtés de complaisance (non transmis à
l'ONCFS !) permettant de délivrer des autorisations individuelles aux
braconniers !
-Des braconniers violents :
De nombreux ornithologues et touristes
sont présents, chargés du comptage des oiseaux migrateurs traversant ce col.
Certains braconniers n’hésitent pas à les agresser physiquement, à détruire
leur matériel (notamment en incendiant les caravanes/locaux des associations
des ornithologues) ou même à tirer dans leur direction.
Dans les cols où les braconniers sont
présents, on trouve un poste de tir tous les 50 mètres et plusieurs lignes de
feu successives !
-Plus d’informations :
http://www.lpo.fr/actu/2005/escrinet/index.shtml
http://www.oiseau-libre.net/Animaux/Chasse/Monde-chasse/Chasses-contestees/Escrinet.html
http://www.oiseau-libre.net/Animaux/Chasse/Monde-chasse/Chasses-contestees/Escrinet-histoire.html
http://coraregion.free.fr/spip.php?article18
Col d’Organbidexka : http://www.oiseau-libre.net/Site/Associations/Organbidexka.html
Le braconnage des tourterelles des bois dans
le Médoc
Chaque année, au mois de mai,
c’est-à-dire en pleine période de reproduction, des milliers de tourterelles
des bois sont braconnées dans le Médoc. Ces chasseurs avaient même été jusqu'à
créer « un comité de défense de la chasse à la tourterelle dans le Médoc » !
Heureusement, le nombre de communes où se pratique ce braconnage est en
diminution ces dernières années.
-Petite anecdote :
En 1999, la préfecture avait annoncé que
plus de 500 patrouilles et un hélicoptère de la gendarmerie devaient surveiller
la zone. Ils étaient bien évidemment absents, et donc aucun PV n’avait été
déposé à l'encontre des braconniers… Par contre, le président de la Ligue pour
la Protection des Oiseaux (LPO), qui, comme convenu, s’était rendu sur la
place, a eu le droit à un PV pour violation de propriété privée !