Un cerf a causé, dimanche, la mort d'un chasseur, sur le territoire de Larrey. Pourquoi et dans quelles circonstances ce type d'animal peut-il attaquer l'homme ? Marc Voinson, chef du service de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, nous aide à comprendre.

L'incident est extrêmement rare. La charge d'un cerf a provoqué la mort, dimanche, de Robert Lalourcey, âgé de 64 ans, lors d'une battue de chasse, sur le territoire de Larrey à proximité de Laignes. L'homme, qui résidait à Poinçon-lès-Larrey, a violemment été touché au visage, et est vraisemblablement mort sur le coup.
Alors comment un tel incident a-t-il pu se produire ? Et comment s'explique-t-il ? Marc Voinson, chef du service de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), tente d'éclaircir : « Un cerf n'attaque pas spontanément l'être humain. Il faut des circonstances exceptionnelles.
Par exemple que l'animal soit blessé, ou aux abois pendant une traque.
Un cerf est surtout dangereux quand il est en fuite, car si vous êtes sur son passage, il ne va pas vous éviter.
Mais cela reste vraiment rare. En 25 ans de carrière, je n'ai vu que deux exemples d'accidents de ce genre. En Côte-d'Or, il y a eu le même type d'incident à Saint-Seine-l'Abbaye, il y a quelques années. L'homme n'avait pas été tué, mais gravement blessé ».
La chasse stresse les animaux
Marc Voinson, privilégie davantage la thèse de l'accident à celle de l'attaque délibérée : « Evidemment en temps de chasse les animaux vivent forcément un phénomène de stress, dû à la traque. Un cerf sera surtout agressif s'il est blessé. Concernant le drame de Larrey, même si je n'y étais pas, je ne pense pas que cela était le cas. Il s'agirait donc d'un malheureux accident. On peut supposer que l'animal a été surpris, et que le choc n'est pas délibéré », souligne Marc Voinson qui continue : « Un cerf pèse au moins 150 kg. C'est un animal tout en muscles, que l'on pourrait presque comparer à un taureau. Quand il est lancé, c'est extrêmement dangereux. Dans le cas de l'incident de Larrey, il semble que l'animal n'était pas lancé. Il aurait jailli d'un coup. Ce phénomène de détente au démarrage est tout aussi dangereux pour l'homme, car les bois du cerf sont très durs. N'oublions pas qu'il s'agit de son arme principale et que cela coupe comme un couteau ».
Si le cerf n'attaque pas spontanément l'homme, en est-il de même pour les autres animaux de la forêt ? Marc Voinson reconnaît « qu'il est vrai que nous avons davantage de cas d'attaques avec des sangliers, qui chargent l'homme. Mais cela se déroule toujours dans un esprit de défense, pour l'animal ».