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Le Cerf et les Braconniers |
Par une nuit de brume en lisière de bois
Pas très loin des maisons, et du bourg endormi,
Sans se soucier de rien, sans respecter les lois,
Ils viennent, et pour moi c'est fini.
Finie la liberté, et finie ma vie fauve,
Mes courses folles au long des jours,
Je ne verrai jamais dans la bruyère mauve,
S'ébattre les doux faons, issus de mes amours.
Ma biche si gracieuse, au manteau de velours,
Reposant au soleil dans les feuilles dorées
Le bel et cher automne aux flamboyants atours
Sont pour moi choses achevées.
Maintenant j'agonise au pied de ces fougères
Et mon regard se voile et s'éteint doucement.
Je tressaille et je meurs. Pour moi, plus de lumière,
Et l'on me traîne rudement.
Ils sont là, mes bourreaux, sans une once de peine,
Et sans se poser de questions.
Ils vont repartir dans la plaine,
Ils vont rentrer dans leurs maisons.
Noble et fier animal qui hantait les halliers...
Ils me font un sort misérable.
Ils repartent, les braconniers,
Et ils me mettront sur leur table.
Ils chanteront tout en buvant,
Et en débitant des sottises,
Ils brailleront tout en mangeant,
Mais ce n'est que partie remise.
Un jour viendra où mon fantôme
Les retrouvera dans les bois,
Et ce sera sous le vert dôme,
Jour des braconniers aux abois.
Bernadette Mora
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Les animaux sont dangereux...quand on les attaque !
 Un nouveau gibier ?
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