J’étais
tranquille au fond des bois
Bichant en
mon quant à soi.
Ma ramure*
de sève, me chatouillait les andouillers.
Quoi qu’il
en soit, je ne savais pas,
Qu’après la
saison des amours,
Viendrait
celle de ma courre.
Je ne savais
pas encore
Que le chant
du cor,
Sonnerait
mon oraison de mort.
Ils ont
couru derrière,
Ils ont
couru derrière mon cul !
Ils ont
couru derrière,
Ils ont
couru à bride abattue !
Ils ont
couru derrière,
Ils ont
couru derrière mon cul !
A cor imbu,
à corps perdu !
J’ai
soufflé ! J’ai souffert !
Drôle de
curé pour une messe d’enfer.
Je reste
athée, atterré,
Atténuez ma
douleur !
J’ai tant
soufflé, j’ai tant souffert !
Saint Hubert
m’exaspère,
Saint Hubert
va te faire… !
C’est
l’hymne, l’oraison,
La tradition
des « abscons ».
Au loin
j’entends la clameur des humains
Comme une
hostilité diffuse !
Au loin la
rumeur des chiens
M’empêche de
tenir la muse.
Près de mes
biches j’étais si bien,
Déhardé et
si loin des miens,
Ce cor à
corps perdu me désabuse.
Hourvari mon
amie
Ils m’ont
coupé les jarrets,
Pour me
coucher
Le flanc
offert à la lame d’acier.
Forêt qui
m’a vu naître,
En faon tu
te souviens !
Toi qui m’a
presque enfantée,
Aujourd’hui
tu me vois disparaître sans broncher.
De mon
larmier ils n’ont pas vu,
Ils n’ont
pas vu la larme.
Là devant
les limiers,
J’ai vu la
lame briller
Et le soleil
au loin, une dernière fois, s’en est allé.
Tête
bizarde* (cerf de Fontainebleau)