Lettre au maire d'Audenge (33), où est organisée une
chasse à courre le 03/03/2007
Monsieur Le Maire,
Depuis 2005, j'ai le plaisir de passer deux semaines de vacances par
an à Audenge et j'y apprécie tout particulièrement sa forêt de pins,
ses marais et sa faune. Cependant, quelle ne fût pas ma déception
lorsqu'une amie résidente m'a informé hier que votre charmante ville
sera le lieu d'une chasse à courre le 3 mars 2007.
Bien que cette chasse à courre soit organisée par le Syndicat de
chasse d'Audenge et que je comprenne qu'une ville essaie de proposer
un agenda "culturel" répondant aux attentes du plus grand nombre de
ses habitants, je regrette vivement que la mairie et l'office de
tourisme d'Audenge aient choisi de faire la promotion d'une
manifestation aussi cruelle.
En effet, comment qualifier autrement la traque pendant des heures
d'un animal sauvage, par des hommes entourés d'une meute de chiens
entraînés, dont l'issue fatale consistera à une mise à mort par un
couteau de chasse, une dague ou une lance sur une proie effrayée à
demi-morte d'épuisement, déjà blessée par les morsures des chiens et
mise à terre par la meute. Et encore lorsque que celle-ci ne finit
pas déchiquetée vivante ou noyée dans la vase d'un étang!(1)
Je crois sincèrement que l'existence d'une tradition
séculaire ne peut trouver de justification dès lors qu'elle entraîne
un acte de cruauté. De même, les écosystèmes n'ont nullement besoin
de l'intervention de l'Homme pour se réguler naturellement.
La chasse à courre est déjà interdite dans de nombreux pays
européens : Allemagne, Luxembourg, Belgique, Ecosse, Pays-Bas,
Suisse, Pays de Galle, Angleterre. Elle n'est pas compatible avec
une société moderne. Un groupe de députés français l'a très bien
compris puisqu'un projet de loi visant à abolir la chasse à courre
en France à partir de 2012 a été déposé.
Enfin, pour terminer ce courrier, je souhaite vous informer qu'étant
membre d'une importante association nationale de protection animale,
je leur adresserai également ce message pour leur faire part de la
situation. D'autre part, tant qu'il existera des chasses à courre à
Audenge, je ne reconduirai pas mes vacances dans votre ville.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Maire, l'expression de mes
salutations.
(1) Je vous invite à vous procurer l'étude scientifique menée par le
professeur Patrick Bateson pendant deux ans et publiée en 1997 par
l’Université de Cambridge prouvant la souffrance animale lors de la
chasse à courre.
Cessez le feu dans nos
campagnes !
19/02/2007 -
Hier, un jeune homme a été touché en pleine tête par une balle
perdue à Péaule dans le pays de Questembert en Bretagne.
Ce grave incident doit
faire réfléchir sur le danger et la pertinence de laisser des
rambos du dimanche et autre excités de la gâchette s'adonner
librement à leur passion morbide.
Les témoignages de
balles perdues se multiplient. A titre d'exemple, mon véhicule a
été déjà touché à trois reprises ces dernières années : au niveau
de Lorient sur la voie rapide où j'avais pu apercevoir peu avant
deux hommes au bord d'un fossé (il s'en était fallu de peu pour
que je perde le contrôle du véhicule, un impact sur le
pare-brise en plein milieu du champ de vision) ; à Tonnay-Charente
en pleine chasse au gibier d'eau, un groupe de chasseurs
apparemment hilares aux abords d'un marais visait délibérément les
véhicules (un camping-car arrivant en face a failli quitter la
route ; impacts sur les véhicules, notamment sur le pare-brise de
ma voiture) et à Vannes au lieu dit Tohannic, en limite
d'agglomération urbaine.
On entend ou lit de
plus en plus un discours de promotion de la chasse dans lequel il
est laissé croire à une prolifération des animaux sauvages, ce
fameux "gibier", à croire que certains ne voient que de la viande
sur pattes pour contenter leur estomac. Cette propagande est
mensongère car si la surface des friches augmente, les
développements de zones habitées resserrent considérablement les
espaces naturels qui se trouvent par ce biais isolés les uns des
autres. En outre, il existe des moyens beaucoup plus scientifiques
de protection et de régulation des espèces. Pour cela, la nature
n'a d'ailleurs pas attendu l'homme, simple maillon des chaînes
alimentaires.
La chasse n'est plus
une nécessité vitale mais un moyen pour certains d'assouvir des
pulsions destructrices, supprimons-là.
Bertrand D.
(membre du RAC)