La chasse a été abolie
dans le canton de Genève en 1974. A cette époque,
il y avait quatre fédérations de
chasseurs dans le canton de Genève, aujourd’hui une seule demeure sous la
tutelle de la Commission de la Faune et dont la seule mission est
d’intervenir lorsque cette commission a accordé son autorisation sur
l’espèce et le nombre d’individus à abattre.
Quelle est l’origine de cette initiative
genevoise ?
Pour comprendre l’aboutissement de ce
choix éminemment écologique avant l’heure et avant les défis urgents pour
la planète il est nécessaire de connaître le fonctionnement des
institutions cantonales ainsi que le droit public suisse.
Aspects législatifs
Si une initiative n’est pas contraire à
la constitution, les cantons bénéficient d’une liberté totale pour
l'appliquer. Il suffit de la signature de 10 personnes pour mettre en
œuvre le droit d’initiative. Cette co-signature d’une initiative populaire
doit récolter 10 000 signatures dans un délai de 4 mois. Obtenues, le
canton a l’obligation d’organiser une votation.
La position des habitants dans les
phases successives avant le vote définitif
Au départ,
en 1974,
les habitants étaient tous contre l’initiative et très peu favorables à
l’interdiction de la chasse. Certaines opinions extrêmes soutenaient la
thèse d’une catastrophe écologique par manque d’équilibre entre espèces
(c'est aujourd'hui, à peu de choses près, ce que prétendent les chasseurs
en France...). Contrairement à tous les arguments négatifs et extrémistes
annoncés, toutes ces prédictions ont été démenties.
Bilan de
l’interdiction de chasse
Faisant le bilan de plus de 30 ans sans
chasse, la commission de la faune constate les faits suivants :
Les points positifs :
1.
Genève est
devenue une zone importante de biotopes d’une richesse exceptionnelle
2. Une
nouvelle faune s’est installée dans le canton reconstituant la diversité
cynégétique
3. Tous
les habitants peuvent se rendre dans les espaces naturels sans
restriction, à la plus grande satisfaction de la population genevoise.
Plus en détail sur la
faune :
Oiseaux d’eau
Le nombre d’hivernants a plus que décuplé et il n’y a
jamais eu une telle richesse et diversité de canards sur le lac.
Petite faune
Les densités de lièvres sont les plus élevées de
Suisse et on n’a jamais fait autant d’efforts pour conserver l’habitat des
dernières populations nationales de lapins et de perdrix.
Grand gibier
Les population d’ongulés se portent bien, le
chevreuil est présent dans la plupart des massifs, le cerf a pris pied sur
le canton et se développe favorablement et le sanglier idem.
Les points négatifs :
Les sangliers
agrainés de Savoie et de Gex, en France, traversent la frontière et
viennent se nourrir de maïs et des vignes.
Mais leur prolifération est le fait de la
politique française de la chasse et non d’une reproduction naturelle.
Pour les dégâts occasionnés, le Département Gestion de la Faune du Canton
de Genève dispose de crédits pour les payer. Les agriculteurs exercent une
pression forte auprès des autorités cantonales et obtiennent 100% de
remboursement des dégâts. Ils ne sont pas lésés financièrement.
Les tirs sélectifs
Face à certaines surpopulations (voir
l'exemple des sangliers), un nombre limité de tirs sélectifs sont
organisés chaque année. La commission de protection des animaux et de la
nature doit donner obligatoirement son avis. Elle est composée de 6
membres. Pendant une certaine période les tirs ont été autorisés sous la
pression de membres majoritaires de cette commission, tous
chasseurs ou qui n’étaient pas opposés à la chasse : un chasseur, un
agriculteur, deux protection nature, un pêche. Les demandes de tir ne se
justifiaient pas, elles étaient en fait des chasses déguisées car un
certain nombre des chasseurs étaient des auxiliaires des services de la
faune.
Aujourd’hui cela n’est plus possible, la
composition de la commission ayant été modifiée et une partie des nouveaux
membres bloque toute demande injustifiée. Il n'y a que 2 ou 3 battues au
sanglier chaque année, ce qui provoque moins de stress chez les animaux
par rapport à des zones où la chasse est permanente.