Par Yvon Godefroid (http://www.dauphinlibre.be)
Ceci se passe en Europe au 21ème siècle !
"Bien que nous soyons sans doute tous déjà très occupés" nous dit le
Commandant Paul Watson dans un récent article publié sur son site "à
protester contre les chasses aux dauphins menées à Taiji ou Futo, contre
les expéditions illégales et meurtrières de la flotte japonaise dans les
sanctuaires des ultimes baleines en Antarctique, contre les baleiniers
islandais et norvégiens, contre l'abattage des phoques par l'Afrique du
sud, la Russie, la Norvège et le Canada ou bien encore contre la
destruction systématique de toute vie dans l'océan que provoquent les
chalutiers de haut fond et les filets géants, il ne faudrait pas pour
autant oublier qu'un tout petit pays de l'Atlantique Nord continue chaque
année à torturer des familles entières de globicéphales avec une cruauté
ahurissante".
Détail important : ce petit pays, connu sous le nom "d'Iles Féroé», fait
partie de la Communauté européenne, puisqu’il dépend directement de l’état
du Danemark.
Cette ancienne colonie Viking se situe en plein océan, entre l'Ecosse et
l'Islande. Elle est aujourd'hui le théâtre de l'une des chasses sans doute
les plus
barbares jamais commises par l'Homme sur une espèce non-humaine.
Chaque année, près de 1.500 globicéphales, ces paisibles et sympathiques
cétacés à peau noire, sont rabattus vers des baies où les attend une bande
de tueurs ivres de sang et de bière forte, qui les massacrent juste pour
le sport, au nom de traditions datant du Moyen Age.
Les insulaires, au volant de leurs hors-bord ultra-rapides, poussent dans
un premier temps les cétacés vers une baie le long des côtes. Cette chasse
peut
durer longtemps, cela fait aussi partie du plaisir ! Epuisés, terrifiés,
hagards, les globicéphales sont progressivement amenés vers des zones de
moins en moins profondes. Et c'est là que la vraie fête commence.
Les habitants de Iles Féroé plongent à de multiples reprises leurs gaffes
de métal lourdes de plus de 2 kilos dans la chair palpitante des
malheureux cétacés, jusqu'à ce que le croc s'accroche. Une fois l'animal
bien arrimé aux flancs de l'embarcation, un couteau long de 15 centimètres
est enfoncé dans sa nuque à travers la couche de graisse et la chair. Les
artères et les centres nerveux sont atteints : la mer rougeoie du sang des
baleines qui hurlent de douleur et finissent par mourir... plus ou moins
vite, selon la dextérité de leur assassin.
Les insulaires célèbrent cette joyeuse boucherie commune dans une ambiance
de carnaval populaire. Dès leur plus jeune âge, les enfants des
écoles sont mis en congé pour l'occasion afin de pouvoir participer à ce
massacre collectif. Ces charmants bambins blonds courent vers la baie pour
grimper en riant sur le dos des cétacés qui vomissent leur sang en une
ultime agonie.
De telles horreurs sont-elles encore tolérables en Europe au 21ième siècle
? Le Danemark, rappelons-le, a signé la Convention de Berne ainsi que la
Convention de Bonn sur la Conservation des Espèces migratrices, qui toutes
deux, protègent le globicéphale.
« En 1983, 1985, 1986, ainsi qu'en 2000, poursuit Paul Watson sur son
site,
«l'association Sea Shepherd Conservation Society s'est opposée à ce cirque
de mort. Nos efforts ont largement contribué à faire connaître ce rituel
sanglant à la communauté internationale.
En 1987, la BBC a ainsi diffusé un documentaire filmé intitulé "Moisson
noire" qui faisait la synthèse des interventions du SSCS pour mettre fin à
ces massacres sur les plages des Iles Féroe.
Ces images illustrent avec force l'horreur pure que constitue cette
"tradition féroïenne". Les enfants de ces îles sont, on le sait,
victimes des taux les plus hauts élevés jamais observés dans le monde en
terme de contamination par le
mercure. Le mercure, on le sait, est une substance chimique qui détruit
des zones importantes du cerveau humain, et ce compris celles qui gèrent
les fonctions cognitives.
Est-ce là l'une des raisons qui permet d'expliquer comment ces descendants
des Vikings se montrent capables de se livrer à de tels actes de barbarie
avec une telle jouissance ? La question vaut d'être posée quand on sait
que le niveau de cruauté manifestée lors de ces orgies sanglantes dépasse
largement celui des pêcheurs de phoques de Terre-Neuve et des tueurs de
dauphins japonais.
Certains habitants de cette île n'hésitent pas aujourd'hui à se vanter
publiquement de tout le plaisir qu'ils ont à saigner chacun de ces
paisibles et grands dauphins jusqu'à la mort, à leur faire exploser les
globes oculaires à coups de couteau ou à éventrer des femelles enceintes
pour en extraire des foetus encore frétillants !»
Rappelons-le une fois encore, ceci se passe en Europe chaque année, à
quelques encablures de la France et de l'Angleterre. Peu nous importe,
quant à nous, si les globicéphales nagent encore - mais jusques à quand ?
- en troupes importantes dans les eaux de l'océan. Peu nous importe que
ces chasses constituent une tradition locale, comme a pu l'être le
cannibalisme en Papouasie et comme le sont encore la corrida, la chasse à
cour ou la tenderie...
Ce n'est pas ainsi que l'on traite les cétacés, ces êtres supérieurement
intelligents sensibles dotés de systèmes sociaux, de cultures, voire de
langages, d'une complexité inouïe et qui sont, de ce fait, parfaitement
capables de ressentir, comme nous, la détresse, l'angoisse et le désespoir
au-delà de la seule souffrance physique.